lundi 19 juin 2017

Révision Bac 2017

BAC 2017                RÉVISION n° 2


RÉVISIONS : chaque semaine, des sujets seront traités pour vous orienter dans vos révisions. Nous aborderons les différents genres littéraires ainsi que la littérature de façon générale.
Des indications sur les sujets proposés. Des corrections de bacs antérieurs.
Correction de baccalauréat

Sujet bac : Le romancier André Brink déclare que la vocation de l’écrivain réside dans une croisade impitoyable contre les vices des hommes. Cette définition du rôle de l’écrivain vous satisfait-elle ?
Présentez votre réponse dans un développement structuré et soutenu par des exemples précis.

Répondons à cette question : Monsieur, comment trouver des idées ? D’abord si le sujet est compris, il faut, à défaut d’idées, chercher des exemples. Pour ce sujet, ils ne manquent pas, le seul hic sera de les organiser en vue d’un plan
- Comment les genres littéraires traduisent-ils un tel objectif de l’écrivain ?
Des genres spécifiques (fables, comédie, pamphlet, le conte, etc.)
- Quel style permet le mieux à l’écrivain d’être impitoyable face aux vices des hommes ?
L’écrivain utilise les mots péjoratifs, dévalorisant pour être impitoyable, et pour cela il use de figure (ironie, satire, sarcasme, la caricature, etc.)

Il faut toujours étudier les mots clés
Vocation : rôle, mission, responsabilité
Croisade impitoyable : bataille sans pitié (il y a une idée de sacerdoce dans le métier d’écrivain)
Les vices des hommes: les maux des hommes et de la société, leurs imperfections.

Par le questionnement autour du sujet : Comment doit-il mener cette croisade ? Quelle est la finalité de ce combat ? Sinon quelle autre vocation peut avoir l’écrivain ? 
Être contemplatif devant les inconduites des hommes, et faire de « l’art pour l’art », n’est-ce pas une attitude bien artistique ?
Quelques citations peuvent venir à l’esprit certes, mais il faut surtout penser aux textes lus ou étudiés, les œuvres au programme doivent également être cités.
" Le poète aussi a charge d’âme. " V. HUGO
" Le temps est venu où tous les poètes ont le droit et le devoir de soutenir qu'ils sont profondément enfoncés dans la vie des autres hommes, dans la vie commune. " Paul ELUARD
" Un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. " Marcel PROUST
« J’écris pour agir » écrivait Voltaire

Thèse : L’écrivain en guerre contre les vices des hommes
Au niveau des genres théâtraux : Molière s’était fixé comme programme d’écriture de corriger les vices des hommes : Castigat ridendo mores : « Je châtie les mœurs par le rire »
Même si Guillaume Oyono Mbia dans la préface de Trois prétendants… un mari, rappelle aux lecteurs et metteurs en scènes que son but n’est pas de « moraliser, mais de divertir », il n’en reste pas moins qu’il s’attaque dans la pièce aux vices des politiciens de la première heure des indépendances africaines à travers le personnage le fonctionnaire Mbia.
Au niveau des genres narratifs : conte, fable et roman : Jean de la Fontaine dans les Fables :
Il l’expose dans sa préface : "Je tâche d'y tourner le vice en ridicule / Ne pouvant l'attaquer avec des bras d'Hercule."  Aussi prouve-t-il : Les flatteurs dans « Le Corbeau et le Renard »
« Apprenez que tout flatteur vit au dépens de celui qui l'écoute »
Birago Diop avec le conte
La Bruyère dans Les Caractères (1688) aussi vise à former les hommes avec la satire, c’est-à-dire une critique moqueuse, impitoyable et triste des vices des hommes. Aussi affirme-t-il « Du même fonds d’orgueil dont on s’élève au-dessus de ses inférieurs, l’on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi. C’est le propre de ce vice, qui n’est fondé ni sur le mérite personnel, ni sur la vertu, mais sur la richesse »
Au niveau de la poésie : Du Bellay caricature les courtisans dans « Ces vieux Singes de Cour »
« Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon œil / Ces vieux Singes de Cour qui ne savent rien faire, / Sinon en leur marcher leurs maîtres contrefaire / Et se vêtir comme eux d'un pompeux appareil. »
Ses pamphlets s’attaquent : politique (aux flatteries des courtisans), religion (Umberto Eco s’attaque aux vices des abbés homosexuels et criminels d’Abbaye dans Le Nom de la Rose), mœurs (Balzac s’attaque aux vices de la société bourgeoise parisienne du 19ème siècle dans son roman Le Père Goriot)
Antithèse : L’écrivain peut être hors des préoccupations des hommes et mettre en avant « l’art pour l’art »
« Tout ce qui est utile est laid » Théophile Gautier
" En général, dès qu'une chose devient utile, elle cesse d'être belle. " T. GAUTIER La théorie de l'art pour l'art
" Le but de l’art, c’est le beau avant tout. " G. FLAUBERT
"On ne fait pas de la bonne littérature avec de bons sentiments" André Gide

dimanche 28 mai 2017

Révision Bac 2017


BAC 2017                RÉVISION n° 1 
RÉVISIONS : chaque semaine, des sujets seront traités pour vous orienter dans vos révisions. Nous aborderons les différents genres littéraires ainsi que la littérature de façon générale.
Des indications sur les sujets seront proposées. Des corrections de bacs antérieurs.

Sur la poésie

Sujet 1 : Selon Paul Eluard la poésie « crie, accuse, espère ». Qu'en pensez-vous ?


 « Je n'ai pas l'intention de faire un livre, je pousse un cri. » Victor Hugo

« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux./Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots » écrit Alfred de Musset (1810-1857) dans sa Nuit de mai. Commentez et discutez cette affirmation en vous appuyant sur le corpus et sur les poèmes que vous connaissez.
La poésie est un cri : On a un cri de cœur avec…
Les sentiments d’amour (Ronsard dans Sonnets pour Hélène, Lamartine, « le lac ») ; sentiment de peine, de douleur (Senghor avec « Elégie pour Philippe Maguilène Senghor » ; cri d’indignation avec Aimé Césaire dans le Cahier d’un retour au pays natal « Va-t’en, gueule de flic, gueule de vache » ;
Stéphane Mallarmé, dans Poésies, exprime ses profonds tourments jusqu’à écrire : "j'ôterai la pierre et me pendrai".)
Le poète formule un cri accusateur :
Du Bellay accuse la Cour royale et l’hypocrisie qui y règne dans « Ces vieux Singes de Cour... » tiré des Regrets « Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon œil / Ces vieux Singes de Cour qui ne savent rien faire, / Sinon en leur marcher leurs maîtres contrefaire / Et se vêtir comme eux d'un pompeux appareil. » ; Hugo accuse Napoléon III, on peut citer dans Les châtiments, « Souvenir de la nuit du 4 »)
Le poète pousse un cri de soulagement, d’espoir de liberté, de victoire à l’image de David Diop dans « Afrique » extrait de Coups de pilon, 1956.)

Sujet 2 : La poésie est-elle une manière de fuir la réalité ou de s'en rapprocher ?

Thèse : la fuite. Pourquoi ? Vers où ? Comment ?
Le mot fuir suppose qu’on a peur de quelque chose ou de quelqu’un. Est-ce de la vie que nous menons ou de soi-même ?
Le mot fuir évoque un enfermement, et que l’on veut échapper. Mais de quoi ? des préjugés ou des espaces de notre existence.
Les poètes ont abordé presque tous les cas de figures :
L’homme noir a été et continue d’être enfermé dans des théories et préjugés raciaux qu’il fallait briser. La poésie de la négritude a voulu l’en libérer.
Le monde est un espace étouffant suivant la logique des poètes symbolistes, à l’image de Baudelaire qui écrit « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle / Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, / Et que de l'horizon embrassant tout le cercle / Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ; » dans le poème « Spleen » issu de Les Fleurs du Mal, 1857.
Alors il propose la fuite vers l’idéal dans d’autres poèmes. « Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ; / Va te purifier dans l'air supérieur, » dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire.



Dans L’Ecriture ou la vie, Jorge Semprun relate son internement à Buchenwald. Il y raconte notamment l’agonie d’un de ses amis, un brillant universitaire et c’est l’occasion d’une anecdote qui exalte les pouvoirs de la poésie : dans l’enfer du camp, face à un mourant ravagé par la maladie, Semprun récite « L’invitation au voyage ». Le  poème de Baudelaire emmène les prisonniers hors de la réalité.

Le poète Léopold Sédar Senghor se compare, dans le verset du poème « Ndessé », à un oiseau en cage : « Mes ailes battent et se blessent aux barreaux du ciel bas. »

Antithèse : La poésie explore et exprime la réalité
Les sentiments vrais : la mort est chantée pour supporter la souffrance et exprimer la colère de celui qui a perdu.
L’amour et ses ambiguïtés à travers le lyrisme. Ronsard parle de son amour pour une femme dans le poème « Quand vous serez bien vieille au soir à la chandelle » ; David Diop dédie son poème à la négresse « Rama Kam ». Baudelaire dans « A une passante » montre que la beauté et le désir sont dans l’absence de possession de l’objet désiré.
La poésie est au services des idées et des causes :
Elle traduit la misère de l’homme face à un environnement et une société hostiles : dénonciation de toute sorte : les enfants martyrisés, les femmes et les vieilles personnes massacrés. Rimbaud dans « le mal » extrait de Poésies.
Elle traduit l’impuissance de l’homme face aux démons qui ont pour noms autorités : politique et religieuse.
La résistance a profité de la poésie pour s’organiser. Eluard, Breton, Aragon et Desnos sont des exemples de combattants avec la plume poétique.

Sur le roman

Sujet : « Il y a deux sortes de romans : le roman qui nous fait oublier la vie, et le roman qui nous explique la vie. » Qu'en pensez-vous ?
Thèse : Faire oublier la vie.
Le lecteur a le plaisir à s’identifier à un héros formidable, dont les qualités exceptionnelles sont des gages de réussite.
Les revirements de certaines situations – de la misère à l’opulence – constituent des motifs de rêve. En effet, le lecteur qui souhaite sa situation de transformer vit par procuration l’histoire qui est racontée.
La bravoure, la générosité, le dévouement restent toujours valeurs à atteindre pour le lecteur.
Le sens du sacrifice et la prouesse du héros d’arriver à la gloire, à la célébrité charme également le lecteur de roman.
Les aventures sont racontées de telle sorte que le lecteur s’y aventure dans les lieux de leur déroulement.
Le roman va divertir le lecteur : il captive par les aventures qui n’ont de sens que dans un monde imaginaire. En lisant ces aventures, il oublie ses soucis de la réalité, puisqu’il n’y est plus confronté.

Antithèse : le roman explique la vie
Le romancier accuse les hommes, mais surtout les grands de ce monde.
À l’heure que je vous parle, il y a cent mille fous de notre espèce, couverts de chapeaux, qui tuent cent mille autres […]. D’ailleurs, ce n’est pas eux qu’il faut punir, ce sont ces barbares sédentaires qui du fond de leur cabinet ordonnent, dans le temps de leur digestion, le massacre d’un million d’hommes.
Voltaire, Micromégas, 1752.

Le fait de peindre des actions de la réalité avec des héros ordinaires confrontés aux soucis quotidiens du lecteur assure au roman un certain succès auprès du public. Le personnage de Ramatoulaye dans Une si longue lettre de Mariame Ba est très proche de toutes les premières épouses dans un ménage polygame. Toute critique formulée à l’endroit de Modou Fall son mari a comme cible un certain type de mari.

Karim héros du roman éponyme Karim d’Ousmane Socé représente tout jeune, victime de ses amours de jeunesse.
Samba Diallo incarne un personnage nègre écartelé entre deux cultures – africaine et occidentale –  et incapable de faire la synthèse.

Le héros est dès fois un banc d’essai pour confirmer une thèse, une valeur, une pratique. Face au conformisme social et au cynisme des hommes. Meursault, le personnage principal du roman de L’étranger permet à Camus d'accuser l’absurdité du monde et des pratiques sociales.
Le roman nous fait découvrir la vie dans toute sa complexité. Il s’agit d’une critique des comportements des membres de la société.

Ousmane Sembene fait paraître Les bouts de Bois de Dieu dans laquelle œuvre il relate les problèmes des cheminots du chemin de fer Dakar-Bamako-Niger. La grève y est menée par des personnages ayant existé dont Ibrahima Bakayoko, Doudou... De ce point de vue, les personnages sont donc vrais car la relation de leur vie est conforme à la réalité.

Synthèse : On peut parler d'ambiguïté du roman, puisqu'il peut être considéré comme un mensonge. Or, très souvent l'histoire romanesque est souvent jugée vraisemblable, parfois même elle est l'histoire d'une personne : c'est de le cas de l'autobiographie. Si un aspect de la vie de l'auteur est exagéré ou passé sous silence, doit-on parler de mensonge ou omission ? Se pose dès lors la question de l'exhaustivité (ou impossibilité de rendre compte de toute une vie).
Par ailleurs, on dit que cette histoire est véridique, en tenant compte de la conformité du dire et du penser. Alors, comment faut-il comprendre ce mensonge? Sinon, comme une illusion, car l'histoire du roman est dans ce cas proche de la réalité, mais elle n'est pas la réalité.

Prochainement le théâtre et la littérature...